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Résidences d’écrivains et ateliers d’écriture dans le Tarn

Jacques Perret, Directeur de la Bibliothèque départementale du Tarn

publié le lundi 15 août 2005

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J’évoquerai des manifestations réalisées avant mon arrivée dans le Tarn et auxquelles je n’ai pas directement participé. Ma relation des faits ne sera donc pas aussi précise que celle que vient de faire Jacky Besnier. Je vais obligatoirement réinterpréter les intentions qui ont conduit à ces initiatives.

J’évoquerai deux types d’action, la résidence d’écrivain et l’atelier d’écriture, qui se sont, à chaque fois, déroulées dans un contexte spécifique : le centenaire de la Verrerie ouvrière d’Albi d’une part, la maison d’écrivain de Maurice de Guérin d’autre part.

La Verrerie ouvrière d’Albi est une verrerie industrielle chère au cœur des tarnaises et des tarnais parce que c’est Jean Jaurès qui en est à l’origine. Alors député d’Albi, il avait imaginé cette coopérative ouvrière pour sortir d’un conflit social dur caractéristique du XIXe siècle. Le centenaire avait donc une forte valeur symbolique. La Bibliothèque départementale s’y est associée en proposant la réalisation d’un livre écrit par des membres du personnel de l’entreprise. Et, pour y parvenir, la Bibliothèque les avait réunis au sein d’un atelier d’écriture animé par un écrivain. La résidence d’écrivain n’est donc pas, dans ce cas, l’objectif premier mais le moyen d’atteindre l’objectif qui est la publication d’un livre. Ce livre donne la parole à des membres du personnel de l’entreprise, moins pour faire l’historique de la verrerie que pour témoigner de leur métier et pour réaliser un désir d’écrire nettement perceptible à la lecture du livre. Dans ce cas, la résidence de l’écrivain n’est pas concentrée dans le temps mais espacée sur plusieurs mois pour suivre le rythme de l’atelier d’écriture qu’il anime.

Le deuxième contexte concerne la Maison d’écrivain de Maurice Guérin. Maurice de Guérin est un écrivain romantique, contemporain de Hugo et de Lamartine. Eugénie de Guérin, sa sœur, a tenu un journal qui témoigne de la vie tarnaise au XIXe. Le Département s’est porté acquéreur de leur demeure familiale, le Château du Cayla, pour la sauvegarder. La Conservation départementale des musées gère cette demeure et ses jardins ouverts au public, et s’est associée à la BDP pour faire vivre le lieu.

Dans ce cas, l’objectif est de restituer à un lieu sa couleur d’origine, de témoigner de sa contribution à la création littéraire. Plusieurs résidences d’écrivains ont été organisées dans ce but sous des formes diverses : séjour de quatre week-ends et écriture sur l’ambiance du lieu, animation d’ateliers d’écriture, travail avec des classes, etc. L’intention est de montrer que cette demeure est redevenue un lieu d’inspiration et d’écriture. Il est difficile de savoir si cette intention est perçue par le public. Le public concerné par les ateliers d’écriture n’est pas nombreux et les publications des travaux des ateliers sont restées de diffusion restreinte. Mais l’objectif culturel n’est peut-être pas tant de toucher le grand public que de redonner une vie créative au lieu. Pour répondre à cette interrogation, je renverrais volontiers aux publications de la Fédération des maisons d’écrivains [1] qui a bien traité de l’animation de ces lieux à l’occasion de plusieurs colloques.

Les moyens humains

Je terminerai en évoquant l’importance de la commande et du choix de l’écrivain quant on pense à une résidence ou à un atelier d’écriture.

La formulation de la commande est un moment décisif du projet. La résidence d’écrivain peut prendre des formes très diverses et l’on peut donc en attendre des résultats très variés. La forme de la résidence et son résultat escompté doivent être réfléchis, formalisés et contractualisés avec l’intervenant pour ne pas s’exposer à des malentendus. Il est fréquent que l’on n’ose pas ou que l’on ne sache pas formuler des contraintes à l’égard d’un créateur. Pourtant l’esprit de la démarche, son calendrier, ses échéances, son public, ses moyens doivent être aussi explicites que possible.

La formulation de la commande est, à mon sens, d’autant plus impérative que souvent le choix de l’écrivain n’en est pas vraiment un : on traite plus volontiers avec des écrivains que l’on connaît déjà ou avec lesquels on se sent des affinités ou dont on sait qu’ils ont déjà fait le même travail ailleurs. On peut alors se sentir libéré de la contrainte de la commande mais risquer de se faire dicter le résultat de la résidence ou de l’atelier.

Le bilan que l’on peut faire de ces opérations est évidemment fonction, et Jacky vient d’insister sur ce point, de la façon dont on a, au moment de la commande, défini les objectifs. Lorsque l’objectif est flou (" réaliser trois ateliers d’écriture ") le bilan risque de l’être aussi !

Notes

[1] Note de l’Editeur : http://www.litterature-lieux.com.



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