En mémoire de Jean-Pierre Jacquet

Jean-Pierre Jacquet nous a quitté mardi 10 juin 2008 des suites d’une longue maladie. Jean-Pierre Jacquet a été directeur de la BDP de Haute-Vienne et membre du Bureau de l’ADBDP, avant de rejoindre le SCD de la BU de Limoges.

 

Jean-Pierre, je me souviens…

Je me souviens qu’il n’a pas été besoin de bien se connaître pour se reconnaître.

Je me souviens qu’il a suffi de quelques prises de paroles lors de réunions à la BDP de la Haute-Vienne, ou à l’Agence Limousine de COopération pour le Livre (ALCOL), pour que naisse rapidement une forme de complicité tacite. Je me souviens également que nous partagions les mêmes silences, les mêmes non-dits mais aussi les mêmes colères. Je me souviens de l’engagement de Jean-Pierre, de sa militance, de sa diplomatie, de la qualité de ses relations avec élus et décideurs, de la défense efficace de ses convictions.

Je me souviens du respect de ses collègues à son égard. Je me souviens qu’au milieu des débats professionnels qui agitaient parfois les bibliothécaires, il restait très justement lucide face aux réalités sociales. Je me souviens que Jean-Pierre allait à l’essentiel. Je me souviens de sa moustache.

Je me souviens de son départ de la BDP pour le SCD de l’Université de Limoges, des manifestations d’estime voire d’amitié de ses collègues. Je me souviens de son sourire et de son humilité voire de sa pudeur. Je me souviens de sa sensibilité à la peinture.

Je me souviens des ennuis de santé, de la cigarette qu’il a fallu écraser. Je me souviens de l’émotion des défilés de mai 2002 et du visage de Jean-Pierre. Je me souviens d’une cassolette de rognons de veau et du projet de portail Internet mariant les catalogues du SCD et de la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges (en cours de développement).

Je me souviens d’interrogations communes, tant professionnelles que politiques, lors d’une rencontre avec un ancien Premier ministre qui faisait un tour de France préélectoral. Je me souviens du Congrès de l’ADBU en septembre 2003 à Limoges et de la nouvelle et magnifique Bibliothèque de droit.

Je me souviens de son sourire à nouveau et de ses encouragements, encore complices, lors de mon pot de départ pour la Gironde. Je me souviens de son exigence professionnelle. Je me souviens d’une inauguration de bibliobus. Je me souviens de son humanité de chaque instant. Je me souviens avoir regretté n’avoir que trop peu échangé sur son expérience de « bdpiste ».

Je me souviens que le temps est passé vite. Je me souviens que Jean-Pierre poursuivrait son engagement pour le livre et la culture au sein d’ALCOL une fois à la retraite. Je me souviens que nous nous estimions l’un l’autre sans se l’être réellement jamais dit.

Je me souviens qu’il n’a pas été besoin de bien se connaître pour se reconnaître.

Jean-Pierre, je me souviens… et conserve précieusement ton amitié.

Alain Duperrier