Allocution de Louis Guedon

Louis Guedon, Député-Maire de la ville des Sables-d’Olonne

Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs,

En premier lieu, je vais vous présenter la ville où se déroule votre congrès, ensuite je vous donnerai l’avis d’un œil extérieur, le mien, celui d’un observateur, sur l’action qui est la vôtre et comment le grand public perçoit votre activité.

La ville qui vous accueille est une ville dont la géographie est récente. Elle est à l’estuaire de deux petits fleuves, l’Auzance et la Vertonne, qui se sont ensablés au cours des temps. Je passerai sur les Phéniciens et les Vikings entre le VIIIème et le Xème siècle. Les Sables dépendaient de la région de Talmont, avec le château en ruines que Richelieu a démantelé. On appelait princes les seigneurs de Talmont, car le château était la première défense instituée sur ce littoral pour résister aux Vikings. Du terme Premier principat, la famille La Trémouille a donc bénéficié du titre de prince. Lors de l’ensablement de cette côte, au XIème siècle déjà, derrière le cordon littoral qui emprisonnait la sortie des deux rivières, il y avait un havre naturel, utilisé par les princes de Talmont au XIème siècle. Au XIIème siècle, nous devenons anglais, avec le mariage d’Aliénor d’Aquitaine et d’Henri II Plantagenêt. Au XIIIème siècle, Talmont étant ensablé, les princes de Talmont font leur trafic maritime par ce havre, des maisons commencent à se construire sur la dune. L’église, que l’on voit sur un îlot rocheux, l’île Vertime, qui date du XIIIème siècle, est le premier bâtiment construit par les seigneurs de Talmont, ils ont installé un prieuré avec une hostellerie, deux foires, des droits sur les navires qui ont permis la naissance de cette collectivité. Au XVème siècle, ils sont fâchés avec Louis XI. Philippe de Commynes, en 1418, comprend le bénéfice qu’il peut tirer de ce territoire qui lui est offert par Louis XI pour déposséder ses adversaires, la famille de la Trémouille. Il obtient que nous devenions un port franc et fortifié. C’est l’aventure. Nous découvrons Terre-Neuve avec les Basques, au XVIème siècle, nous sommes le premier port morutier français, jusqu’au XVIIIème siècle. Un événement, la Révocation de l’Édit de Nantes. Nous étions huguenots à l’époque, tous les armateurs étaient huguenots, avec la révocation de l’Édit de Nantes, les huguenots sont partis avec leur argent, cela a été le début du paupérisme du port. Le déclin a été précipité par l’ensablement continu du port et achevé par les périodes troubles des guerres de Vendée qui ont fait 300 000 morts. Au XIXème, nous sommes repartis avec une pêche saisonnière à la sardine et au thon. Mais surtout, depuis le Second Empire, les bains de mer commencent à se développer, en 1876 c’est l’arrivée du chemin de fer.

Ce sont nos deux piliers économiques sur le littoral, la pêche d’un côté et le tourisme de l’autre, qui sont pour nous des raisons d’existence. Loin des grands lieux de fabrication, de commercialisation, loin des grands nœuds européens, nous sommes mal placés pour avoir des industries lourdes de transformation, nous vivons de la mer par la mer. Nous rencontrons néanmoins quelques difficultés avec la politique européenne des pêches et les contraintes des lois littorales, les contraintes de Natura 2000, les contraintes des Grenelle de la mer qui freinent un peu notre développement mais, ceci étant, tout va bien. Au XXème siècle, les Sables d’Olonne est une station balnéaire qui vit bien, se transforme, se modernise, avec un TGV, une autoroute, une thalasso, un port de plaisance important, c’est le départ du Vendée Globe, avec de nombreux équipements, un golf. Les Sables abordent le XXIème siècle avec la volonté de résoudre les difficultés qui se présentent aux pays européens et la crise qui est la nôtre.

Maintenant un œil extérieur sur votre action. Bien sûr, c’est merveilleux de faire entrer la culture dans chacun des foyers. La culture du livre a pris naissance dans les milieux municipaux, qui ont commencé à vulgariser le livre, en fonction des moyens financiers, de la demande, de l’appétit de lecture des populations. Aux Sables-d’Olonne, nous avons un fonds de 80 000 livres avec 200 000 prêts par an, nous sommes interconnectés avec les bibliothèques plus jeunes de nos communes voisines et amies, nous sommes heureux des relations que nous pouvons lier avec la bibliothèque départementale, nous avons des projets importants au niveau du département et en relation avec la DRAC. Dans le film que vous avez montré, on voyait l’immensité du travail qui est le vôtre, on voyait beaucoup de rangement, beaucoup de livres. Pour moi les bibliothèques, ce sont des livres mais c’est également l’apport de la culture, les conférences, l’animation autour d’un thème, l’animation avec les tranches d’âge, les relations avec la population, les portes ouvertes, faire en sorte que le livre, dans la concurrence où il est avec l’ensemble des moyens de communication dont nous disposons, puisse rester un élément considérable de la culture. Nous partageons l’excellent travail que vous faites, nous considérons qu’il est indispensable à l’économie et à l’équilibre de nos populations, nous vous remercions de la tâche qui est la vôtre avec l’esprit d’initiative qui ne cesse de croître et dont nous vous sommes reconnaissants.

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