Allocution de Gérard Faugeron

Gérard Faugeron, Vice-président du Conseil général de la Vendée

Madame la Présidente, Monsieur le Député-maire des Sables d’Olonne, je voudrais également saluer mes collègues Conseillers généraux, les Directeurs et Directrices de bibliothèques présents aujourd’hui, et Monsieur Vincent Lecomte, cheville ouvrière de ces trois journées.

La Vendée est très heureuse de vous accueillir pour fêter le quart de siècle de l’existence de votre association. Je dois dire que vous êtes tous des héros car en plein été indien, venir à une encablure de la plage des Sables-d’Olonne, c’est là une forme d’héroïsme que je tenais à souligner, même si les plaisirs de la lecture et les plaisirs de la plage ne sont pas forcément incompatibles. Merci à vous d’être venus très nombreux pour ces échanges qui non seulement vous permettent professionnellement d’enrichir, par comparaison d’expériences, la formation professionnelle qui est la vôtre et le fonctionnement des bibliothèques dont vous avez la charge, mais c’est aussi un moment important de réflexion sur le devenir de la lecture, publique pour ce qui vous concerne, mais aussi de la lecture privée, puisque depuis une décennie on a vu une métamorphose considérable de la lecture. En ce qui concerne les supports de cette lecture, et notamment le livre, un débat est déjà lancé, qui n’est pas près de s’achever, entre le livre en tant que tel, en tant que support de lecture et de culture, et, à l’ère d’internet, à l’aide de la numérisation, les autres techniques qui petit à petit ont fait leur apparition. Il y aura toujours, c’est un peu la querelle des anciens et des modernes, ceux qui entendent conserver, contre vents et marées, le caractère sacré du livre, ce « merveilleux petit tas de feuilles sèches » comme disait Jean-Paul Sartre, mais qui à lui seul génère des sensations multiples, qu’elle soient visuelles, tactiles, olfactives, chacun le sait, le livre restera toujours ce qu’il est mais pour permettre à ce livre à la fois d’approcher le plus près possible de tous les publics potentiels, la fameuse proximité, pour permettre à ce livre de s’ouvrir à tous les progrès, qui ne sont pas des progrès ennemis mais qui sont les auxiliaires en quelque sorte de la lecture, nous sommes dans une époque merveilleuse mais assez difficile où il faut que le livre continue de garder sa place tout en tenant compte de l’évolution des moyens d’accéder à la lecture. Une bibliothèque c’est non seulement, l’endroit où l’on conserve des livres, des revues, où l’on ouvre à tous les publics tous les supports de la culture, mais aussi un lieu d’exposition, un lieu d’ouverture, comme le sont aussi les bibliothèques municipales, ainsi les enfants par exemple adorent l’heure du conte, un lieu d’oralité. Il y a aussi un public disponible qui a un appétit de lecture, foyers, maisons de retraite, des gens qui sur la plage pendant leurs vacances attendent qu’à la limite on vienne à eux. Tous les accès se trouvent ainsimultipliés.

Vous allez vous poser la question, comment faire en sorte de créer une sorte d’harmonie, de synergie entre les endroits où l’on conserve la documentation, les livres, les revues, les fonds anciens comme à la bibliothèque municipale des Sables-d’Olonne où il y a un fonds ancien du 18ème très riche, au musée où il y a un certain nombre d’ouvrages très importants, à la mairie, un centre d’archives municipal également très important, autant de services municipaux. La question se pose aussi à l’échelle du département. A côté de Vincent Lecomte, responsable de l’ensemble des bibliothèques, il y a un responsable de l’ensemble des musées de Vendée qui développe des expositions avec des moyens modernes remarquables, l’une d’elle a été lancée la semaine dernière à propos de l’œuvre de Simenon avec des moyens d’accès extraordinaires, on entend Simenon s’enregistrer lui-même à la fin de sa vie nous avons donc la possibilité de réfléchir à la manière dont ces différents services peuvent répondre à une même politique culturelle. Le Président du Conseil général de la Vendée a évoqué l’idée d’une sorte de redéploiement, pas seulement redéploiement du personnel, un redéploiement assorti d’une réflexion sur les moyens d’envisager les finalités d’une politique culturelle départementale.

Les partenariats financiers sont aussi incontournables pour que la lecture publique ait les moyens de ses ambitions. Tous les nouveaux supports sont onéreux, supposent un investissement lourd pour les départements, communautés de communes et les communes, et il nous appartient de réfléchir à une politique culturelle commune et comment petit à petit mailler notre département, de telle sorte qu’aucun canton, aucune commune ne soit laissée à l’écart, si l’on veut continuer à promouvoir la culture.

Je terminerai par quelques chiffres sur la politique menée par la Vendée depuis quelques années : 220 bibliothèques publiques bénéficient du service départemental, plus de la moitié sont au niveau 3 et même supérieur, alors qu’elles n’étaient que 25% il y a 5 ans, il y a eu plus de 30 projets accompagnés en trois ans, aujourd’hui il y a plus de 50 projets sont en cours, d’ici trois ans un tiers des bibliothèques de la Vendée seront mises en réseau. La fréquentation a augmenté de 25% en 3 ans, 90 000 personnes sont accueillies chaque mois. Sur le seul canton des Sables d’Olonne, le plus peuplé des 31 cantons de la Vendée avec bientôt 50 000 habitants, a été inaugurée à Sainte Foix une petite médiathèque de proximité, articulée avec un accueil périscolaire. Il y a aussi dans les réflexions que vous serez amenés à porter, la proximité des établissements de lecture par rapport aux autres établissements, notamment les établissements scolaires. La ville des Sables d’Olonne, qui étudie la possibilité d’une nouvelle médiathèque, vient de se voir proposer la signature d’une convention avec le département, pour devenir la tête de réseau du service départemental en s’appuyant sur le réseau local intercommunal qui relie déjà les trois médiathèques du Pays des Olonnes. C’est dire si la Vendée n’est pas insensible, loin s’en faut, à la problématique qui fait l’objet de votre colloque.

Les départements que vous représentez ont déjà depuis des années lancé une réflexion générale sur ces sujets mais je crois que ce qui fait l’intérêt majeur de ces trois journées, c’est de mettre en réseau, en relief, en comparaison ce que vous tirez de vos propres expériences, de façon à ce que pour le 26ème anniversaire de votre association, un certain nombre de choses positives aient pu être réalisée, grâce à votre association, c’est le vœu que je formule. Je vous souhaite un excellent colloque à tous.

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