Allocution de Laëtitia Bontan, présidente de l’Adbdp

Monsieur le Président du Conseil général, Monsieur le Directeur chargé du livre et de la lecture, Mesdames et Messieurs les Inspecteurs généraux, Mesdames et Messieurs les représentants du Ministère de la Culture et de la Communication, Madame, Monsieur les représentants de la DRAC Île-de-France, Monsieur le représentant du Centre national du livre, Mesdames et Messieurs les représentants des associations amies, Mesdames et Messieurs, chers collègues, chers amis,

Je vous souhaite la bienvenue à ces nouvelles journées d’étude. En tant que présidente de l’ADBDP, il me revient le privilège et le plaisir d’ouvrir ces 26èmes journées d’étude et je voudrais adresser nos plus vifs remerciements à Monsieur le Président du Conseil général du Val-d’Oise qui a bien voulu nous accueillir dans son département. Nous sommes dans le Val-d’Oise grâce à Cécile Le Tourneau et son équipe qui ont œuvré pour nous accueillir. On ne rappellera jamais assez quel investissement l’organisation de ces journées représente et je remercie chaleureusement Cécile et toute l’équipe départementale du Val-d’Oise. Les journées d’étude se veulent à l’image de notre association, un lieu d’échanges sur nos pratiques, et un lieu de réflexion sur l’évolution de nos établissements et de leur environnement. Nous sommes depuis quelques années dans une période qui nous interroge et Corinne Sonnier ouvrait ainsi les journées d’étude de 2009 : « Cette année pourrait être une phase de réflexion préalable à une éventuelle mutation ». En effet, la société qui nous entoure est en profonde mutation : crise économique, défi éducatif, recomposition territoriale, dont on nous promet dans les semaines à venir un acte trois de la décentralisation, révolution numérique, intensification de la circulation des biens et des personnes, nul doute que ces bouleversements restructurent notre société, nos collectivités, nos services. La révolution qui nous touche d’ores déjà est celle des supports et de l’écriture, de la technique de sa reproduction, de sa dissémination, des façons de lire et, pour reprendre Roger Chartier, une telle simultanéité est inédite dans l’histoire. La sphère culturelle est emportée par une logique de diversification galopante. Jamais on n’a produit et diffusé autant de musique, autant de peinture, autant d’informations. Dans les années soixante, la télévision naissante n’offre en France à ses premiers utilisateurs qu’une seule chaîne en noir et blanc. Quatre décennies plus tard, ce sont plusieurs centaines de chaînes qui sont à la disposition du téléspectateur, en clair, sur la TNT, sur le câble, cryptées, gratuites, payantes, en bouquet, nationales, étrangères, internationales. Le marché du livre montre la même diversification, proliférante, avec une production qui, pour la France seule, dépasse les 50 000 titres nouveaux par an, là où il s’en publiait moins de 30 000 il y a dix ans. La même logique est à l’œuvre dans la production cinématographique, comme le montre la multiplication chaque semaine des sorties sur les écrans. Entre dix et quinze films nouveaux sont chaque mercredi à l’affiche des salles françaises. Quant à internet, son explosion a fait qu’en quelques années la prolifération des sites est devenue exponentielle. Ce n’est pas l’information qui manque, on en regorge, ce qui fait défaut c’est la méthode pour s’orienter dans cette surabondance indifférenciée, pour parvenir à une distance analytique et critique qui seule peut lui donner un sens. L’un des grands enjeux est là, comment éduquer les individus, former des esprits libres à un univers d’excès d’information. On est aujourd’hui dans le double chaos de l’abondance et de l’immédiateté, jamais autant d’informations n’ont été disponibles, jamais les ressources encyclopédiques n’ont été aussi riches mais riches de quoi ? Si la révolution numérique est en jeu, si l’espace territorial s’interroge, la dette publique nous imposera de faire des choix. Comment en effet ne pas évoquer la crise de la dette publique dans un contexte où les collectivités seront amenées à effectuer des choix, à établir des priorités, à mutualiser des services. Si la modernisation des bibliothèques est une nécessité cyclique, il s’agira d’ancrer la bibliothèque dans son époque et d’entreprendre l’évolution des établissements, institutions publiques où l’important ne sera pas tant la diversité des supports mais la pertinence des choix et la complémentarité des services au regard des besoins de la société. Choix de notre légitimité, choix de notre stratégie, de nos missions, de nos actions. On comprendra donc aujourd’hui que le thème retenu pour nos journées interroge nos services et nos métiers. Services et métiers en évolution, c’est le thème que nous avons choisi d’aborder et cette année, l’ensemble du conseil d’administration s’est mobilisé pour construire cette réflexion. Au cours des vingt dernières années, grâce aux bibliothèques départementales, les réseaux de lecture n’ont cessé de se ramifier, de se consolider et les BDP n’ont cessé de voir leurs fonctions s’élargir. De simples fournisseurs et diffuseurs de documents, elles ont vu leur rôle s’accroître, experts en ingénierie culturelle, conseillers en matière d’aménagement et construction de bâtiments, programmateurs de saisons culturelles, organismes de formation, spécialistes de l’information et du numérique, aménageurs du territoire et la liste est longue. On comprendra qu’au cours de ces trois jours, nous ne pourrons malheureusement pas aborder tous ces sujets. Cependant, nous nous attacherons à ouvrir les points de vue. Évolution des services et des métiers, l’objet est de considérer comment les bibliothèques départementales évoluent et s’adaptent à leur environnement, en prenant en compte ces deux éléments que sont nos services d’une part et nos métiers d’autre part, l’un et l’autre étant étroitement imbriqués. Comment, de techniciens catalogueurs, nous sommes devenus experts en ingénierie culturelle, comment nous devons faire face aux préoccupations de nos collectivités. C’est présenter tout à la fois l’aspect concret de nos services mais aussi apprendre à raisonner sur eux. C’est le sens des conférences d’ouverture de ces journées ainsi que des deux tables rondes qui se succèdent aujourd’hui. Et puis, nous avons souhaité ouvrir notre horizon par la présentation d’expériences internationales et je salue d’ores et déjà Jordi Permanyer Bastardas, directeur du réseau de lecture publique de la « Diputacio de Barcelona », qui nous a fait l’amitié de répondre à notre invitation et qui sera présent parmi nous tout au long de ces journées. Merci aussi à l’ensemble des intervenants qui ont répondu à notre invitation. Je voudrais terminer sur ceci. Nous sommes ici dans le Val-d’Oise également pour saluer la carrière d’un professionnel « bdpiste », sa carrière active et engagée, un professionnel aux multiples casquettes, IABD, ABF et qui, jusqu’à sa nouvelle prise de poste ici même, participait activement aux travaux de l’ADBDP. Dominique, je crois pouvoir dire, au nom de l’association, tout le plaisir que nous avons à nous trouver ici aujourd’hui. Il me reste à vous souhaiter de riches et fructueux travaux et déclare ouvertes ces 26èmes journées d’étude de l’ADBDP.

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