Atelier 1 : construction des BDP aujourd’hui

Avec la participation de Jacques Delon, Françoise Navarro, Laurent Ronsin-Ménerat, Brigitte Drouin

- Les futures bibliothèques départementales de Haute Garonne, Jacques Delon, et de Seine-Maritime, Françoise Navarro et Ermeline Vindrinet (Cabinet Prospective et patrimoine)
- Caro : construction d’une antenne de BDP du Morbihan, Laurent Ronsin-Ménerat
- Saint-Vallier : un site de la médiathèque départementale de la Drôme ouvert au public, Brigitte Drouin

- Atelier modéré par Matthieu Rochelle, BDP Bouches du Rhône, rapporté par Mélanie Villenet-Hamel, Direction départementale du livre et de la lecture de l’Hérault

 

Cet atelier a présenté la construction de deux centrales de BDP, une antenne et une annexe ouverte au public. En préambule, je reprendrai la phrase citée par un des intervenants : « il n’existe pas de bon ou mauvais modèles mais des expériences de terrains, liées à des histoires et des contextes politiques ». Ce constat traversait toutes les interventions.

La BDP de Seine-Maritime reconstruit son site central qui sera le premier bâtiment HQE du département et, vraisemblablement, la première BDP HQE. De 2000 à 2004, une longue réflexion a été menée en interne. En 2004, un changement de majorité a permis au projet de dépasser le stade de la réflexion. Depuis, se sont enchaînés la programmation, le concours et la construction avec un déménagement prévu fin 2011-début 2012.

Le temps de la construction et de la programmation en amont a été le temps du travail sur l’organisation. La BDP est passée d’une logique de collection à une logique de territoire que l’on retrouve jusque dans les espaces. L’équipe a travaillé avec un programmiste qui participait à l’atelier et qui nous a présenté une méthode de construction de programme. Il nous a précisé que le programmiste ne travaillait pas avec un programme plaqué mais avec l’application d’une méthodologie au cas particulier. Il a rencontré tous les acteurs du projet (les élus, l’ensemble de l’équipe, les partenaires) et élaboré un schéma de fonctionnement complet à partir du circuit du livre, mais aussi de la répartition des activités par territoire. Ce schéma qui reprend les circulations, l’enchaînement des pièces en fonction du circuit du document et de la logique territoriale a servi de trame à l’architecte pour dessiner son bâtiment. Le Conseil général a retenu une équipe d’architectes locaux qui proposait moins un geste architectural qu’une adaptation aux fonctionnalités et un respect de l’utilisateur. Quelques chiffres : 3 770 m2 pour un coût d’objectifs de 6 840 000 euros dont une aide de l’État de 40 %. La direction du Livre et de la Lecture (DLL) a été très présente sur le suivi de ce projet.

La BDP de la Haute-Garonne a également construit un site central avec des volumes différents puisque 66 personnes travaillent dans ce bâtiment central (contre 25 en Seine-Maritime). Il n’y avait pas de programmiste pour ce projet, mais le point commun avec celui évoqué précédemment concerne le travail sur le programme avec l’ensemble de l’équipe qui a participé à différents groupes de travail et élaboré des synthèses des activités et des mouvements enclenchés. Ces réflexions ont fait la trame de fiches qui ont composé le programme et servi de document maître à l’architecte. Un autre point commun est le soutien constant de la DLL sur la conduite du projet.

C’est un projet beaucoup plus grand (7 800 m2 pour 15 500 000 euros) avec beaucoup de documents (600 000 dont 200 000 documents sonores). Ce volume des collections a représenté une contrainte car il est difficile d’installer autant de documents dans de bonnes conditions du point de vue de la signalétique comme des circulations.

Le choix des élus a été de retenir un geste architectural, de laisser une trace, de marquer un lieu (le quartier d’implantation) par une architecture. Une équipe architecturale comprenant un architecte de renom, Paul Chemetov, et des architectes locaux a été retenue. Le délai entre le choix du site et le lancement a été plus resserré ; le concours a démarré en 2007.

Les points forts du bâtiment sont trois salles de formation. Le bâtiment compte trois niveaux organisés autour d’espaces de stockage, conçus pour le choix sur place. À l’étage des bureaux comme au rez-de-chaussée, il y a un espace d’arrivée et un espace de retour des documents. Comme en Seine-Maritime, il y a encore des bibliobus avec un travail sur la desserte et l’organisation des garages. Pendant un temps, la Haute-Garonne a travaillé sur un projet complet de circulation et de rangement autour de la RFID. Le projet a été abandonné en raison des documents sonores qui ne sont pas toujours bien traités par la RIFD et des surcoûts importants occasionnés par le nombre de documents à équiper.

L’antenne de Caro de la BDP du Morbihan est le quatrième site de la médiathèque départementale. Chacun de ces sites dessert un secteur. Les secteurs sont tous de taille à peu près équivalente. Le département compte 700 000 habitants pour 240 communes. L’équipe du Morbihan a travaillé sur le programme avec un programmiste, mais son apport n’a pas été aussi déterminant qu’en Seine-Maritime puisque le modèle d’une antenne existante qui donnait toute satisfaction a été adapté. Il s’est écoulé trois ans entre la décision de construire et l’ouverture (2005-2008), avec une volonté forte des élus de s’insérer dans le contexte local, de ne pas y coller une architecture ostentatoire. C’est un architecte local ayant déjà construit des bibliothèques dans le Morbihan qui a été retenu. Il a proposé un bâtiment de 1 070 m2 qui a coûté 1 500 000 euros. La BDP a bénéficié de 500 000 euros pour constituer des collections pour cette antenne. L’antenne fonctionne avec 5 agents et présente 40 000 documents. Le prêt sur place est généralisé ; les bibliobus ont été supprimés et aucune bibliothèque ne se situe à plus de 45 km d’une antenne. Cette situation conditionne la manière dont sont conçues les antennes : sans stockage, un bâtiment de plain-pied, deux banques de prêt et un accent mis sur les services, notamment une salle de formation particulièrement bien équipée.

L’antenne a été localisée dans une commune très rurale, face à la mairie. Comme elle n’est pas ouverte au public, ce point parfois mal ressenti par la population s’est transformé en avantage car cela a incité le maire à construire une belle bibliothèque. Les élus du secteur desservi se sont vraiment emparés du bâtiment qu’ils ont perçu comme un service de qualité que le Conseil général met à leur disposition pour la lecture publique de proximité.

Saint-Vallier est un site de la médiathèque départementale de la Drôme. Cette annexe, déjà ancienne, ouverte en 1988, est une des quatre médiathèques ouvertes au public. Le bâtiment actuel s’est très rapidement révélé insuffisant et a déjà bénéficié d’une extension avec une véranda, un aménagement des combles et de nombreuses tentatives de réaménagement au fil du temps. Des points insurmontables persistent comme la difficulté d’accès pour les personnes handicapées, une localisation intéressante au cœur d’une commune de 4 000 habitants, mais une circulation difficile en plein cœur de ville, y compris pour le bibliobus.

Cette annexe dessert un réseau de 37 000 habitants. Chaque habitant est à 35 km maximum de l’annexe. Elle possède 86 000 documents dont 36 000 sont prêtés dans les communes.

Pour le déménagement, le choix a été de rester dans Saint-Vallier, commune assez importante et centrale. Il y a eu deux missions de programmation : l’une sur la qualité environnementale puisque cette médiathèque doit servir de référentiel technique pour la construction de futures médiathèques ; l’autre sur l’offre de services avec pour objectifs de repenser le service, d’optimiser le fonctionnement, de pérenniser les deux missions concomitantes avec un fonds unique, une autonomie informatique et l’abandon de la desserte par bibliobus. Il s’agit moins d’une remise en cause des pratiques actuelles que d’une optimisation.

En conclusion, ce qui est ressorti de cet atelier, à travers quatre expériences fort différentes, c’est que, quels que soient la taille du département ou le type de construction, l’important reste le programme, avec un travail très en amont associant les équipes et servant de trame au projet. Tous les intervenants ont rappelé être partis du programme, avec ou sans programmiste, pour construire leur bâtiment et donner une ligne directrice forte à l’architecte dont le travail ne s’est pas limité au geste architectural.

Compte rendu Atelier 1 (PDF - 20.8 ko)

  • 1
  • 2
  • 3

Brèves

Emploi

Les actualités de l'ADBDP

Retrouvez les dernières actualités de l'ADBDP

Lire la suite