ADBDPMise à jour / Update
9 août 1999

mise en page 9 octobre 2000

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Analyse

Propositions

Annexe A :
Propositions de concours

Annexe B :
Recrutements sur titre existant déjà

Annexe C :
Concours de l'État

 

Concours, recrutement, formation


Propositions de l'ADBDP, juin 1999

La parution des décrets du 2 septembre 1991 portant statuts particuliers des cadres d'emplois de la filière culturelle territoriale a introduit des modifications importantes sur le mode de recrutement et de formation professionnelle des personnels de bibliothèque, soulevant de nombreuses difficultés et conduisant à une situation actuellement très difficile.

Ces statuts ont pourtant des aspects positifs, qu'il ne faudrait pas occulter. Longtemps demandée, la parité entre les carrières des fonctionnaires de l'État et des fonctionnaires territoriaux existe enfin. Corps et cadres d'emploi (à l'exception du corps de conservateurs généraux, qui n'existe qu'à l'État), grades et échelons correspondent globalement. De cette parité découlent une nette augmentation des possibilités de mobilité entre les deux fonctions publiques et une amélioration sensible des fins de carrières pour le personnel des bibliothèques territoriales.

Mais, face à ces deux progrès, il faut noter nombre d'inconvénients, bien identifiés aujourd'hui, notamment liés au mode d'organisation des concours (Centre national de la Fonction publique territoriale ou Centres départementaux de gestion) et à la nature des concours (épreuves non-professionnelles).

La difficulté de recrutement actuel conduit les collections territoriales à recourir à l'emploi précaire de contractuels professionnels ou au recrutement de personnel non professionnel de la filière administrative. On assiste donc à une déqualification de la profession et à la non reconnaissance d'un métier technique et scientifique.

D'autre part, l'architecture de la filière, en multipliant les cadres d'emplois et les grades , a introduit une structure rigide, complexe et qui ne reflète pas la réalité des métiers et des missions exercées en bibliothèque. Une mise à plat de cette filière et un toilettage des statuts restent à faire.

Cependant, à court terme, et pour s'inscrire dans la réflexion menée actuellement par le Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale, nous limiterons notre analyse et nos propositions à la refonte des concours


1. Analyse

1.1. Organisation des concours

L'organisation des concours par le CNFPT ou les Centres de Gestion départementaux, en éloignant l'offre de la demande crée des difficultés. En effet, entre la date à laquelle une collectivité locale fait parvenir une déclaration de vacance de poste à l'organisme de gestion compétent, et celle où s'effectue le recrutement par la voie du concours, il peut s'écouler 2 ou 3 ans.

La situation actuelle est paradoxale :

  • les collectivités locales sont dans la quasi impossibilité de recrutement par voie statutaire, pour pourvoir les postes vacants ;
  • il est de plus en plus difficile de recruter des contractuels, les contrôles de légalité laissant peu de marge de manoeuvre ;
  • les jeunes diplômés : DUT Métiers du Livre, DEUST, licences et maîtrises professionnalisées, ne peuvent se faire recruter et doivent attendre 2 ou 3 ans pour tenter un concours ;
  • le nombre de postes ouverts au concours ne comblent pas les besoins réels des collectivités locales, les déclarations s'effectuant au moins un an avant la parution de la liste d'aptitude.
Il s'ensuit des difficultés importantes de fonctionnement dans les établissements.

1.2. Nature des concours et formation post-recrutement

Le principe du concours sur épreuves non-professionnelles et son corollaire, la formation post-recrutement sont inadaptés aux réalités des collectivités territoriales.

Calqué sur le mode de recrutement prédominant à l'État, il méconnaît de nombreuses différences entre les emplois de l'État et les emplois territoriaux. L'État gère des corps, dont il maîtrise l'ensemble de la masse salariale. De ce fait, il peut programmer ses recrutements, organiser des concours à des dates régulières, envoyer l'ensemble d'une promotion suivre une formation préalable à l'emploi, dans une école d'application, et affecter l'ensemble de ses nouveaux agents, sans réelle possibilité de choix du poste, tant par le candidat que par le chef de service, tous à la même date.

Comme le démontrent les faits, tant dans la filière culturelle que dans les autres filières, le concours sur épreuves non-professionnelles et la formation post-recrutement sont incompatibles avec la notion de libre recrutement par les collectivités territoriales. Enfin, en catégorie B et surtout en catégorie C, les concours sur épreuves générales sont réussis par des candidats sur-diplômés, qui ne laissent aucune chance à ceux à qui s'adressent vraiment ces emplois.

Le principe du concours sur épreuves non-professionnelles, ou beaucoup trop générales, ne permet pas un recrutement adapté aux profils des postes en bibliothèques, et ouvre l'accès à nombre de candidats souvent sur-diplômés, non-qualifiés, et pas nécessairement motivés pour travailler en bibliothèque. D'autre part la formation post-recrutement, trop éparse, ne peut assurer la formation initiale au métier.


2. Propositions

Pourrait-on imaginer un système conservant les avantages de la parité, tout en évitant les dysfonctionnements actuels ? Quelques aménagements, ne remettant pas en cause l'architecture générale du système, devraient apporter la souplesse nécessaire.

2.1. Pour une professionnalisation des concours

Il faudrait remplacer les concours externes sur épreuves non-professionnelles, par :

La formation post-recrutement pourrait se limiter alors à l'adaptation au poste et aux collectivités territoriales

2.2. Des concours pouvant être organisés par l'employeur

Les concours sur épreuves professionnelles seraient organisés, comme actuellement, par le CNFPT ou les Centres de gestion, selon les grades, à un rythme régulier.

De plus, il serait souhaitable que les collectivités aient la possibilité d'organiser directement des concours sur titres , en particulier, en l'absence de candidats statutaires par mutation ou sur liste d'aptitude. Il y aurait alors parfaite adéquation entre le nombre et le profil des lauréats et le nombre et le profil des postes vacants. Naturellement, un décret encadrerait les modalités de ces concours, en définissant le mode de publicité, la liste des diplômes exigés, la composition des jurys, l'organisation de l'examen des titres et du dossier des candidats et de l'entretien de motivation.

Des concours sur titres professionnels, organisés directement par les collectivités employeuses, et des concours internes adaptés permettraient de conserver la parité entre les fonctions publiques d'État et territoriale, tout en éliminant les dysfonctionnements actuels.


Annexe A
Propositions de concours sur épreuves professionnelles et concours sur titres, par grade

Conservateur de bibliothèque

La réforme de ce concours commun avec celui de l'État ne peut s'envisager que conjointement. Toutefois, on peut souhaiter une professionalisation des épreuves du concours externe, ou du moins, des épreuves d'admission permettant de mesurer la motivation et l'engagement professionnel des candidats. Il est nécessaire de renforcer la coopération et de maintenir un concours et une formation en commun pour les deux corps (territorial et État), au sein de l'ENSSIB.
Il conviendra d'insister pour une meilleure prise en compte des besoins spécifiques des territoriaux dans la formation, pour une meilleure adaptation aux réalités des établissements à diriger.

Bibliothécaire

Le caractère généraliste de la composition et de la note de synthèse ne permet pas de mesurer les connaissances professionnelles des candidats. Il faut introduire des épreuves professionnelles. D'autre part, comme pour la formation des conservateurs, il faut se rapprocher de l'ENSSIB, pour organiser une formation commune avec les bibliothécaires de l'État, et préalable au recrutement.
Pour chacun de ces deux grades, il y aurait lieu de réfléchir à l'organisation d'une formation diplômante, y compris en formation continue, à l'instar de celle qui était organisée à l'ENSSIB il y a quelques années pour préparer le DCB.

Assistant qualifié de conservation

Concours sur épreuves professionnelles : cf. concours d'État
Et/ou Concours sur titres et entretien : diplômes technico-professionnels : DUT et DEUST Métiers du livre et documentation.
On pourrait d'ailleurs encourager la création d'années spéciales, destinées aux titulaires d'un diplôme de premier cycle. Il serait également juste de reconnaître, sans limitation dans le temps, la validité du CAFB associé à un diplôme de premier cycle ou à un deuxième CAFB.

Assistant de conservation

Concours sur épreuves professionnelles  : cf. concours d'État
Et/ou concours sur titres : baccalauréat + Diplôme d'Université spécialisé
A terme, ce grade ne devrait pas faire l'objet de recrutement direct, mais être un grade de débouché pour les catégories C.

Agent qualifié du patrimoine

Concours sur épreuves professionnelles : cf. concours d'État
Et/ou concours sur titres : le diplôme de l'Association des Bibliothécaires Français (ABF), reconnu sous le nom de "Titre d'auxiliaire de bibliothèque", correspond tout à fait à ce qu'on attend d'un agent qualifié du patrimoine.

Agent du patrimoine

Le recrutement direct, sans concours, des agents du patrimoine, donne satisfaction. Toutefois, pour les agents et les agents qualifiés, il y a lieu de développer des formations post-recrutement et formations continues adaptées et organisées par le CNFPT, totalement inexistantes pour l'instant.


Annexe B
Liste des cadres d'emplois pour lesquels le recrutement par concours sur titre existe déjà
(sous réserve de modification)

Filière technique
Ingénieur en chef de 1ère catégorie (cat. A +) : concours sur titre avec épreuves
Ingénieur subdivisionnaire (cat. A) : concours sur titre avec épreuves
Technicien (cat. B)
Agent technique qualifié (cat. C, échelle 4)
Agent technique (cat. C, échelle 3)

Filière sociale
Puéricultrice (cat. B)
Educateur de jeunes enfants (cat. B)
Auxiliaire de puériculture (cat. C, échelle 3)
Assistant socio-éducatif (cat. B)
Moniteur éducateur (cat. B)
Agent spécialisé des écoles maternelles (cat. C, échelle 3)
Agent social qualifié (cat. C, échelle 3)

Filière santé publique
Médecin (cat. A +) : concours sur titre avec entretien oral
Biologiste, vétérinaire, pharmacien (cat. A +) : concours sur titre avec entretien oral
Psychologue (cat. A) : concours sur titre avec entretien oral
Sage-femme (cat. A) : concours sur titre avec entretien oral
Infirmier (cat. B)
Rééducateur (cat. B)
Manipulateur d'électro radiologie (cat. B)
Assistant qualifié de laboratoire (cat. B)
Auxiliaire de soins (cat. C, échelle 3)

En bref, le concours sur épreuves non professionnelles n'est généralisé que dans les filières administrative et culturelle.


Annexe C
Épreuves des concours de la Fonction publique de l'État

Bibliothécaire adjoint spécialisé (//assistant qualifié de conservation)
Les concours externe et interne comportent le même programme et les mêmes épreuves.

Épreuves d'admissibilité (écrit)
1. Composition sur un sujet relatif aux bibliothèques, aux services de documentation et à leur environnement professionnel.
2. Rédaction de notices bibliographiques de monographies et de publications en série en langues française et étrangères. L'utilisation des normes officielles de catalogage est autorisée.
Épreuves d'admission (oral)
1. Interrogation sur un sujet, tiré au sort, portant sur la production et la diffusion des documents et sur l'organisation et le fonctionnement des bibliothèques et services de documentation suivie d'une conversation avec le jury.
2. Recherche documentaire sur un sujet, suivie de questions sur les répertoires bibliographiques et les banques de données, leur classement et leur indexation.
Épreuve facultative
Traduction et commentaire en français d'un texte court en allemand, anglais, espagnol ou italien portant sur les bibliothèques et la documentation. L'utilisation d'un dictionnaire unilingue est autorisée pour la préparation. Seuls sont pris en compte les points excédant la note de 10 sur 20.

Bibliothécaire adjoint (//assistant de conservation)
Les concours externe et interne comportent le même programme et les mêmes épreuves.

Épreuves d'admissibilité (écrit)
1. Résumé d'un texte de caractère scientifique, culturel ou administratif.
2. Questionnaire sur la bibliothéconomie, la bibliologie, la bibliographie et l'administration. Épreuves d'admission (oral)
1. Interrogation sur un sujet, tiré au sort au début de l'épreuve, portant sur l'accueil et l'information du public, sur l'organisation et le fonctionnement des services placés au contact direct des utilisateurs dans les bibliothèques, suivie d'une conversation avec le jury.
2. Préparation de la notice catalographique d'un document suivie de questions relatives au traitement des documents. L'utilisation des normes officielles de catalogage est autorisée pour la préparation.

Magasinier spécialisé des bibliothèques (//agent qualifié du patrimoine)
Les concours externe et interne comportent le même programme et les mêmes épreuves.

Épreuves d'admissibilité (écrit)
Questionnaire portant sur les bibliothèques et le métier de magasinier et comportant une suite de questions éventuellement reliées entre elles et pouvant nécessiter une rédaction de quelques lignes. Cette épreuve doit permettre de vérifier les connaissances du candidat en matière d'administration des bibliothèques, de bibliothéconomie, d'informatique appliquée aux bibliothèques, d'orthographe et de grammaire, ainsi que ses qualités de raisonnement et de logique. Épreuves d'admission (oral)
1. Épreuve destinée à apprécier l'aptitude du candidat à effectuer des opérations de classement.
2. Entretien avec le jury permettant d'apprécier les connaissances du candidat et son aptitude à exercer les fonctions de magasinier spécialisé.

 

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