Allocution de Jean-Noël Guérini, Sénateur, Président du Conseil général des Bouches-du-Rhône
Mesdames et Messieurs,
Monsieur le Professeur,
Je tiens à saluer votre Président, Didier Guilbaud, et Madame Danset, notre Directrice. J'ai aujourd'hui le grand plaisir et le privilège de vous accueillir dans notre modeste bibliothèque départementale. Je suis heureux et fier de vous y accueillir, ainsi que dans les archives, l'ensemble de cet équipement ayant été inauguré au printemps dernier.
Pourquoi cette bibliothèque dans ce lieu magique ? Je vous le dis : lorsque j'ai été élu, pour la première fois, Président du Conseil général, la création de ce double équipement a été ma première décision. Dans mes anciennes fonctions, en effet, j'avais visité nos archives et notre ancienne bibliothèque : elles méritaient bien mieux que ce qui leur était alors offert.
Ce site d'Euro-Méditerranée a été choisi parce qu'il est desservi par des accès routiers faciles ainsi que par des transports en commun. Il s'agit d'un quartier, comme vous avez pu le constater, qui est en pleine mutation.
Aider à la diffusion, de la culture, contribuer à l'épanouissement de chacun, faire en sorte que les connaissances viennent éclairer le quotidien de tous, voilà quel est votre travail. Je dirais, si vous le permettez, qu'il s'agit également de notre travail à nous, élus de la République.
Je tiens aujourd'hui à rendre un hommage appuyé au travail patient qui est entrepris ici par des équipes sérieuses, motivées et compétentes. Sous l'autorité de Madame Françoise Danset, la bibliothèque départementale de prêt des Bouches-du-Rhône a trouvé un rythme de croisière qui est à la hauteur des objectifs que nous nous sommes fixés.
Il est donc nécessaire de saluer l'attachement de chacun d'entre vous aux missions de service public. J'insiste bien sur cette notion de service public. Il est aujourd'hui décrié par certains. Je suis partisan, pour ma part, de le conforter : qui dit service public dit service proche de nos concitoyens.
Examinons les atouts que la proximité nous offre quand nous voulons agir efficacement. La bibliothèque a comme originalité, vous le savez, de comporter une salle d'actualités à la disposition des habitants du quartier.
J'y insiste : lorsque nous construisons un bâtiment moderne, il faut que ce bâtiment concerne l'ensemble des habitants du quartier où il s'implante.
C'est pour cela, qu'après un débat avec mes collaborateurs qui n'y adhéraient pas tous d'emblée, j'ai souhaité construire un jardin public ouvert toute la journée, un jardin qui dépend des archives et de la bibliothèque. Il est à la disposition non seulement des lecteurs, mais aussi à la disposition de tous les habitants du quartier. Ce jardin est entretenu toute la journée, et surtout, il est gardienné. Il s'agit là d'une démarche publique : celle qui instaure une complémentarité entre la culture et la vie quotidienne.
La bibliothèque offre la possibilité de se familiariser avec les nouvelles technologies de l'information et de la communication au développement de l'accès desquelles je suis personnellement très attaché. Mais ce sont ici également 450 000 ouvrages répertoriés, dont 380 000 livres, 50 000 CD, 26 000 vidéos et DVD qui sont rassemblés...Près de 100 communes sont irriguées par cette masse de supports qui mêlent l'écrit et le visuel, l'audio et le texte.
Ce vice impuni de la lecture, et celui né de toutes les nouvelles techniques de la communication peuvent ainsi se répandre sur l'ensemble de notre territoire. De tout nouveaux moyens y contribuent : les navettes itinérantes.
Ce n'est pas à vous, Mesdames et Messieurs que je démontrerai le rôle irremplaçable des bibliothèques départementales de prêt pour placer le livre au centre de la vie culturelle locale. Les bibliothèques créent des lieux de rencontres de proximité, amenant à une lecture vivante autour de thèmes variés qui réussissent à mettre le livre à la portée de chacun, quel que soit son lieu de résidence ou son niveau socioculturel.
Je passe plus de deux jours par semaine jusque dans le plus petit village de notre Provence profonde et c'est la raison pour laquelle j'ai demandé à Madame Danset de faire les efforts nécessaires pour y faire la promotion du livre et de la lecture. La lecture est essentielle à la vie quotidienne de nos concitoyens, de notre jeunesse, de nos enfants.
La lecture pour tous contribue à renforcer les savoirs, les échanges, mais c'est aussi un merveilleux outil de loisir.
Elle constitue, de plus, un outil efficace de prévention de l'illettrisme, ce mal dont souffre notre société et par lequel, je ne le cache pas, les Bouches-du-Rhône sont particulièrement affectées.
Tout au long de l'année, les bibliothèques des communes accueillent des expositions prêtées par la BDP. Il s'agit là d'occasions riches de rencontres et d'échanges entre des publics d'âges variés et d'horizons divers. 150 expositions itinérantes sont ainsi disponibles pour promouvoir le livre dans tous le département
Dans le même temps, il est urgent de proposer, d'imaginer, de construire pour développer cet irremplaçable réseau.
Le site Internet de la BDP, qui vous sera présenté, propose, depuis le mois de septembre, le catalogue de tous les ouvrages et supports, ainsi qu'un forum interactif sur lequel les bibliothèques peuvent partager leurs expériences, leurs idées et leurs initiatives.
Il s'agit là d'autant de moyens nouveaux, pour la diffusion de la culture, dans un contexte qui, pour elle, est pourtant difficile.
Notre devoir d'élus, c'est de mettre à la disposition des équipes les moyens les plus modernes, les moyens les plus sophistiqués pour atteindre nos objectifs.
La décentralisation pose fondamentalement ce problème : la première décentralisation, conduite par Gaston Deferre a réussi parce qu'il s'agissait d'un transfert de compétences accompagné des moyens financiers adéquats. Aujourd'hui, nous assistons plutôt à un transfert de charges. Ces charges nous imposent des choix stratégiques, des choix politiques. Le livre et la culture font partie de nos priorités et sont donc, ici, affectés de moyens particuliers.
Je vous souhaite maintenant une bonne journée de travail. N'allez pas croire que vous nous avez apporté le soleil des quatre coins de la France... Nous l'avons pratiquement en permanence. Nous sommes donc bien ici chez nous, tâchez d'en profiter, vous aussi pendant votre séjour... Je tiens néanmoins à vous affirmer qu'il n'y a pas ici que le soleil, les boules et le Pastis. Dans le Midi de la France, nous travaillons. Nous travaillons beaucoup. Et nous aimons travailler. D'autant plus que nous avons des convictions.