Mise
à jour
/ Update
9 octobre 2000
ADBDP > Association > Journées d'étude 1999 >Jocelyne Leroy
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Les politiques d'acquisition en BDP |
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Notre propos aujourd'hui sera d'aborder le pôle ressources documentaires et donc la politique d'acquisition. Après le processus d'informatisation commencé en 1996, une avancée spectaculaire dans le développement des possibilités offertes par l'informatisation a très vite posé ses propres limites et il a fallu envisager la restructuration du mode de fonctionnement de la BDP et la mise en place d'une carte documentaire départementale qui a resitué notre champ d'action à l'espace départemental, en restructurant l'organisation interne, en redéployant des moyens, contractualisant des services. Un service des acquisitions a été créé, intégrant le service des réservations, formalisant par la même une organisation spécifique, avec un protocole de sélection réalisé par l'ensemble des bibliothécaires en fonction de leurs domaines de responsabilité et un arbitrage à terme en regard des objectifs budgétaires et des plans de développement des collections. L'opportunité de l'informatisation venait donc de nous donner l'occasion d'effectuer de sérieux tris sur les fonds propres de la BDP. Le rapatriement systématique de tous les documents en dépôt, leur traitement, leur exemplarisation nous permit très de reconstituer notre catalogue de façon fiable et référante. Riches de cette possibilité de consulter un catalogue fiable, opportunité assez nouvelle, il faut le dire, une évaluation du contenu du catalogue a pu ainsi être faite par :
En un mot, en tant que tête de réseau et pôle de ressources documentaires, faire de nos fonds qui relèvent d'une notion de patrimoine collectif, un ensemble vivant et cohérent qui dépende certes de la collectivité publique mais qui réponde surtout à ses besoins objectifs et collectifs. Il fallait donc envisager d'une part une analyse globale des fonds documentaires détenus par les bibliothèques du département pour réaliser un état des lieux de la masse documentaire et d'autre part conjointement prendre en compte tous les types de dotations allouées aux bibliothèques :
Les dotations départementales Attribuées aux communes pour soutenir des projets locaux de développement, elles ont pour vocation d'être pré-affectées à des opérations municipales ou intercommunales sous réserve que la commune ou le groupement de communes consacre un budget d'achat documentaire de 10F/an/habitant. Le mécanisme d'attribution des dotations repose sur un principe de partage du financement sur deux ans, apport municipal et départemental conjoint. La sélection des communes se fait sur celles qui dépassent 10F/an/habitant, et qui consacrent ce dépassement à leur part dans l'opération. Celle-ci est de 30 % la première année, 50 % la seconde. L'attribution des ces dotations s'articulent autour de six orientation exclusives :
CNL BR, C et F Les dotations du Centre National du Livre : je ne vais pas ici évoquer longuement ce que chacun d'entre vous connaît, si ce n'est que là aussi les acquisitions sont faites en collaboration avec les bibliothécaires locales pour abonder et diversifier leurs fonds et avec le souci de faire travailler les libraires locaux. Un programme d'acquisitions partagées complète la politique de développement des collections confirmant la BDP dans un rôle de tête de réseau et de maître d'oeuvre d'une politique documentaire départementale. Il s'agit du regroupement de huit bibliothèques municipales associées en réseau de la BDP qui s'assemblent pour présenter une demande de subvention au CNL au titre de fonds thématiques, chaque bibliothèque choisissant un ou plusieurs thèmes. Ce programme particulier de développement des fonds thématiques comprend outre la démarche d'acquisitions partagées,
Tous les thèmes retenus pour chaque structure sont liés à une activité ou à un projet spécifique local, l'ordre étant de répondre à une demande documentaire peu ou mal satisfaite jusqu'alors, pour que les politiques d'acquisitions de chaque établissement soient plus orientées vers des documents de vulgarisation. On offre ainsi une documentation plus pointue tout en rationalisant la politique d'achats, en évitant les doublons au sein d'un même réseau, et en permettant de répondre à des demandes plus rares pouvant intervenir dans plusieurs lieux à la fois. Des réunions régulières entre les partenaires et la BDP assurent une meilleure harmonisation pour leurs choix, le traitement, la circulation des documents via tout le département par l'intermédiaire du service des réservations et de la navette. Pour le moment, les thèmes retenus sont :
Ce propos m'amène à développer nos propres choix. Il s'agit des fonds :
Ils s'inscrivent dans une volonté très forte d'optimiser le rôle de centre de ressources de notre structure :
Ce fonds sert de support aux activités menées par certaines bibliothèques, ou tout autre partenaire départemental ou associatif. Il comporte également des ouvrages de bibliothéconomie (formation initiale et permanente) pour accompagner notamment les formations organisées par la BDP. La conduite à l'échelon départemental de ce programme d'acquisitions partagées s'inscrit dans le cadre d'une politique d'aménagement du territoire, sur la mise en oeuvre de réseaux locaux de coopération et sur le principe de négation de l'autosuffisance. Il faut ajouter par ailleurs que nous avons choisi de développer particulièrement certains fonds qui répondent à un besoin local non satisfait notamment :
En ce qui concerne le fonds audio, vidéo, CD Rom, ce sont des supports qui sont largement développés toujours dans le même souci de pluralisme et de diversification ; ils s'intègrent globalement dans la cohérence des collections en venant la compléter ou l'abonder. La politique documentaire est plutôt menée par rapport à une réunification, d'un catalogue et la complémentarité de ses supports. L'invitation est d'ailleurs donnée aux bibliothèques locales de développer ces fonds par l'intermédiaire des dotations à condition qu'elles remplissent les conditions de traitement, de diffusion et de lecture. Je n'omettrais pas de souligner que l'une des composantes de la politique documentaire qui est largement prise en compte dans les choix, est le crédit réservé au service des réservations. En effet, le prêt entre bibliothèques est l'aboutissement logique de la base bibliographique départementale et il représente le service de proximité en milieu rural le mieux adapté à la demande des lecteurs. Il a vocation à être traité journellement et rapidement dans l'idée d'apporter une réponse immédiate à la demande. Un service des réservations a été mis en place pour le traitement de ces quelques 2 000 demandes mensuelles, un budget a été attribué pour permettre d'effectuer des commandes rapides au cas où la BDP et son réseau ne possèdent aucun des documents demandés par l'usager. La politique documentaire s'exprime ici en effectuant un balayage rapide de la proposition documentaire globale du réseau et en analysant l'opportunité ou non de commander le titre ou le sujet faisant défaut. Il faut ici noter que la maîtrise des fonds est essentielle et que la rapidité d'exécution des décisions à prendre obligent le bibliothécaire à bien connaître le public, le réseau départemental de lecture, les éditeurs et leur production, car il ne faut commander que si on a ciblé la demande : c'est une réponse à une question qui peut être formulée de façon mal définie ou évasive, qu'il faut faire coller au besoin réel de l'usager. Dans tous les cas, le document sera acheminé par le service de navette qui amène au plus près, dans les bibliothèques d'accueil, ces documents réservés. Il serait prématuré de clore ce chapitre des acquisitions sans aborder la problématique du désherbage. En effet dans l'optique d'une mise en place d'une coopération entre bibliothèques pour une finalité de travail en réseau et la construction d'un espace documentaire et bibliographique cohérent, nous avons décidé d'accorder un soutien logistique contractualisé avec les communes, notamment pour le désherbage. Concrètement, cela se traduit, une fois la convention carte documentaire signée, par une visite sur place à la demande du bibliothécaire local. Après analyse des fonds, nous facilitons les éliminations en accompagnant les bibliothécaires dans leurs tris. Là aussi, une bonne connaissance du réseau est nécessaire et permet d'orienter certains documents vers des structures spécialisées : bien orientés, ils deviennent ressources. Nous proposons aussi l'accueil et la centralisation des pilons à la BDP. Bien évidemment ces opérations s'effectuent en accord avec les règles administratives en vigueur : accord du Conseil général pour la BDP, délibération des conseils municipaux pour les communes. L'entretien physique des collections fait aussi partie intégrante du développement des collections et l'atelier mobile de réparation est l'un des outils de travail mis à disposition des communes. C'est le résultat d'une étude menée conjointement par la BDP et l'association Lecture en Dordogne sur le principe d'une mise à disposition des bibliothèques municipales ou intercommunales de secteur d'un ensemble matériel et logistique permettant d'assurer la réparation des livres, soit pour elles-mêmes, soit pour les bibliothèques plus petites de leur secteur. Il est gratuit pour ces dernières, payant pour les autres structures bénéficiaires. La politique documentaire dont font partie les acquisitions est appréhendée de façon globale, c'est à dire en prenant en compte l'existence des fonds des autres bibliothèques du réseau afin d'harmoniser les contenus et d'éviter les redondances ; et cela au travers des procédés utilisés pour les dotations départementales, la gestion des CNL qui transitent par la BDP et la mise en place prochaine des catalogues des bibliothèques informatisées. C'est un tout qui concourt à donner une idée concrète d'un espace documentaire départemental en impliquant les partenaires locaux dans ce processus. |
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